13 sept. 2012

« Century of the Child » au MoMA


Après un long abandon de mon blog (un recadrage de mon emploi du temps s'imposait et s'impose toujours, Internet nous dévore...), voici un billet sur l'expo du MoMA. J'aurais voulu vous dire « comme si vous y étiez », mais il était interdit de prendre des photos et les gardiens veillaient au grain. J'ai donc juste rapporté ces quelques photos honteusement volées, et je vous livre ci-dessous un petit compte-rendu forcément subjectif.

Un titre plus que prometteur, un catalogue épais et très fourni, autant par le texte que par l'image, un lieu où tout événement fait date... à quoi allait ressembler l'exposition ? L'attente était forte, trop forte.
C'était intimidant de pénétrer dans la première salle de l'exposition. Sa thématique : « New Century, New Child, New Art, 1900-1910 ». Beaucoup de documents, du matériel éducatif (Froebel, Montessori), une très belle maison de poupée anglaise... Jusque-là : juste une belle exposition, telle qu'on pouvait s'y attendre.
Et puis... la 2e salle, « Avant-Garde Playtime, 1910-1930 » ! La brouette de Gerrit Rietveld, les cubes de Ladislav Sutnar, les juguetes transformables de Joaquin Torres-Garcia, et, surtout, le clou de l'exposition : l'armoire-jeu, en chair et en os, d'Alma Buscher ! Un meuble vraiment superbe avec ses proportions à l'échelle de l'enfant.
Et la chaise haute, élégante et minimaliste, de Rietveld, celle de 1919.
Salle suivante, « Light, Air, Health, 1920-1930 ». Une pièce d'exception : la chaise longue en aluminium de l'école de plein air de Suresnes ; une rescapée, malheureusement un peu trop rénovée à mon goût. (On espère toujours la réouverture du musée de Suresnes, qui se fait attendre.) D'autres pièces remarquables : la chaise en porte à faux de Marcel Breuer, une chaise d'école en contreplaqué moulé d'Eero Saarinen.
4e partie, « Children and the Body Politic, 1920-1940 » : photos, affiches, livres, documents... des curiosités !
5e partie, « Regeneration, 1940-1960 » : un grand moment également. 
Une petite place pour chacun : Charles & Ray Eames, Jean Prouvé, Arne Jacobsen, Kristian Vedel ; et pour les marques Brio, Creative Playthings, etc. Une présentation un peu courte mais de belles découvertes : un petit film d'animation de 7 min réalisé par Antonio Vitali lui-même mettant en scène ses animaux en bois sculpté ; un superbe meuble composé de tiroirs pivotants de différentes couleurs (dont le catalogue ne reproduit qu'un dessin), conçu par Henry P. Glas ; de magnifiques affiches du Japonais Hiroshi Ohchi.
6e partie, « Power Play, 1960-1990 » : le tabouret en carton de Peter Murdoch, le Zocker de Luigi Colani, le bureau Ozoo de Marc Berthier, quelques jouets de Libuse Niklova, l'Abitacolo de Bruno Munari, des Playmobil, des robots... Bel ensemble, mais plus familier.
Enfin, dernière partie, « Designing Better Worlds, 1960-2000 ». Une pièce rare également et qu'il faut voir en grandeur nature : l'aire de jeux modulable de Renate Müller.
Le site du MoMA, plutôt agréable à consulter, permet de voir les incontournables, et le catalogue est un indispensable.

Plutôt qu'un simple inventaire thématique comme l'ont été les précédentes, bien que rares, expositions sur le mobilier pour enfant, cette rétrospective répond au projet ambitieux de mettre en parallèle autant le design que l'architecture, la production littéraire et artistique, les visées pédagogiques, etc., à travers un découpage éclairant. L'exposition n'est pas très grande – on pourrait lister de nombreux absents –, mais on y trouve des pièces clés et rares. 
Une réserve ? Pas vraiment, excepté une : dans la boutique-librairie, on aurait aimé une vraie sélection des ouvrages relatifs au sujet, et non une politique en peu dérangeante du MoMA qui limite son offre à ses propres éditions (a contrario, la librairie du Grand Palais, au moment de l'expo sur les jouets, était plus généreuse). En revanche, la bibliographie du catalogue (Further Reading) est assez volumineuse (et me fait l'honneur de citer Mobilier design pour enfants). Merci, MoMA.